« Hotte légère, cœur content » (dicton paternoëlien) – sélection (épisode 3)

Quelques jeux plus légers, dans leur présentation comme dans leurs règles, qui peuvent se pratiquer à l’apéritif ou quand on a une trentaine de minutes pour se défouler le neurone peinard.
Et aussi des jeux plus énervés, d’ambiance (« party games » pour les intimes) pour se défouler entre (et sur les) amis dans la bonne humeur et les coups fourrés.

Des jeux pour ne pas s’encombrer la hotte
… d’explications trop lourdes

Santorini, un jeu qui s’apprend en trente secondes pour une vie de parties aussi intenses que courtes – « Learn it in 30 seconds, play it for life ! » est son slogan. Ne pas se méprendre sur les illustrations : il ne s’agit pas d’un jeu mignon pour enfants innocents, mais bien d’un jeu abstrait commis par un docteur en mathématiques où, sans pitié, il s’agira notamment de bloquer et d’étouffer son adversaire avec un rictus sadique au coin de nos lèvres fourbes. Ce jeu formaté pour 2 joueurs – « marketé » pour 3, mais c’est bancal – peut parfaitement se jouer avec bonheur en 2 équipes de 2 avec l’utilisation des cartes « Dieux et Héros » incluses qui démultiplient les possibilités en variant les pouvoirs de chaque joueur. Une pure merveille ludique déjà devenue un classique indispensable. D’autant que l’édition en 3D de toute beauté s’offre à un coût tout à fait raisonnable. Le thème immobilier de l’île méditerranéenne de Santorin ajoute clairement au plaisir du jeu – voir l’animation ci-dessous de la version Kickstarter, celle vendue en boutique se dispensant du plateau maritime !  Jeudeclick nous en cause ainsi que TricTrac et ces sympathiques belges qui ne boivent pas que de la bière et prouvent par leurs commentaires qu’ils ont décidément bon goût.

Dragon Castle, encore un jeu abstrait qui creuse le sillon dans le carrelage portugais d’Azul (As d’Or à Cannes et Spiel des Jahres 2018) évoqué l’an dernier. Il reprend, dans un plastique de belle qualité, les tuiles-dominos très décoratives du Mah-jong installées en début de partie comme dans les inusables applications vidéoludiques disponibles pour combler nos heures de solitude. Chaque joueur/euse devra s’efforcer de choisir 2 dominos identiques, judicieusement pour ne pas laisser un avantage aux autres, afin de compléter sa propre construction sur son plateau individuel. Beau matériel et règles simples pour un jeu assez plaisant et reposant, avec des interactions limitées : chacun/e tentant de faire au mieux dans son coin. Présentation par TricTrac.

Dans cette même veine encore – quand un jeu fait un carton comme Azul, tous les éditeurs essaient de surfer sur la vague… -, Sagrada nous invite (à partir de 12-14 ans) à assembler les morceaux de verres colorés représentés par des jolis petits dés translucides pour composer un vitrail de l’extraordinaire cathédrale catalane conçue par le génial architecte Gaudí. Encore un prétexte thématique pour habiller de façon luxueuse, donc un peu chère, un jeu abstrait bien plaisant de course aux points… quasi solitaire.
Des vidéos d’explication et de partie sur TricTrac et une présentation en 5 minutes (ludo)chrono.

Plus stratégique, Small Islands nous propulse dans les (petites) îles à travers un jeu de pose de tuiles malin dans l’héritage inépuisable apparemment du très classique Carcassonne.
Nos belges avinés de VindJeu nous y emmènent. Vidéo de Ludochrono sur le site du distributeur.

Tandis que CuBirds, pour un prix plume, nous pose sur un fil barbelé ses oiseaux cubiques pour des parties de collection de cartes assez sympathiquement tordues.
Gus & Co nous en pépie deux mots, VindJeu aussi, ainsi qu’Un Monde de Jeux.

Par Odin nous invite, solitairement mais pas que, à la table du fameux roi viking divinisé pour relever des défis chaque fois plus ardus dans un excellent jeu de casse-tête. Amenez vos haches, vos casques et… de l’aspirine !
Je vous conseille vivement le petit avant-goût très explicite sur cette excellente démo gratuite.

De l’ambiance autour du sapin

Cerbère, on l’a déjà évoqué dans l’épisode 2. « Cours Forest, cours ! »

Kitchen Rush propose au menu le rythme survolté de cuisine d’un « vrai » restaurant – de ceux où on ne se contente pas de refourguer des plats pré-préparés, sous-vide etc. C’est que du frais, ici, du cuisiné à la demande ! Va falloir assurer. Un coopératif d’adresse façon cocotte-minute – il y a un sablier ! – pour nous mitonner une cassolette de Nerfs en pelote et sa sauce à la diable qu’accompagnera avantageusement un petit verre de quelque chose de bien bien frais.
5 minutes (ludo)chrono pour goûter et encore nos belges ethyloludistes (mais ils ne dorment jamais ?!).

Big Monster est un jeu de draft* et de pose de tuiles façon (King)dominos qui se joue préférentiellement par équipe, même si une version compétitive individuelle est possible. L’ambiance est assurée par la pression qu’on s’impose pour faire plus vite que les autres à choisir 1° la tuile que l’on se garde et 2° la personne à laquelle on va passer les tuiles restantes . Belge description et vidéo en 5 minutes (ludo)chrono.
* draft : « Le draft consiste a avoir un certain nombre de cartes en main, d’en choisir une en la mettant de côté, et de passer la paquet à son voisin de gauche, par exemple, et de recevoir un paquet de son voisin de droite, puis de choisir une carte dans ce paquet et de la rajouter à ses cartes déjà mises de côté, puis de passer le paquet et d’en recevoir un autre et ainsi de suite jusqu’à ce qu’une main complète pour jouer soit constituée. » (Monsieur Phal de Bonconseil de Trictrac)

Où il en faut dans les têtes (et dans les verres ?):
codes et jeux de mots

Vlaada Chvátil – à vos souhaits ! -, l’auteur entre autres de Space Alert, nous ressert pour notre bonheur un CodeNames Duo. L’excellentissime jeu revient dans une version purement coopérative pour deux joueurs, voire pour deux demies équipes, avec des règles plus contraignantes. Un jeu qui n’en finit plus de revenir avec des déclinaisons en veux-tu en voilà : images, XXL, Marvel et même Disney, paraît-il…
Test par moovely des non-belges (pour changer)… mais en re-v’là : Jeuxdenim et bien sûr re-re VindJeu.
Le retour du Jedi, aussi.

Dans la même catégorie est apparu en début d’année Decrypto, un excellentissime jeu coopératif aussi par équipe qui divise les amateurs de CodeNames : meilleur ou moins bon ?
Différent et tout aussi bon, dirai-je – « Quand on aime Doubitchous, on aime Klugg ! »
Jeu facile à jouer mais dur à expliquer, aussi : Ludovox va s’y coller en 5 min., l’avis du plat pays par Ludigaume et… Oh non, pas eux encore !

Puisqu’on cause mots et ambiance, voici Just One, naguère appelé aussi We Are The Word (jeu de mot !). Où tous ensemble nous devons proposer un mot indice noté en cachette sur notre plaquette pour faire deviner le mot pioché au joueur dont c’est le tour. La difficulté réside dans ce qu’une seule occurrence de l’indice doit être proposée sous peine de le voir écarté – z’avez suivi ? Une vidéo trictrac sera plus claire.
Et aussi son exact opposé : Unanimo Party, toujours dans ce style de jeu de devinette où compter les points est généralement très optionnel. Là, logiquement, du coup, on va « scorer » quand on trouve les mêmes indices. Vidéo en 5 minutes (ludo)chrono / l’avis dispensé par Ludigaume sur cet « indispensable ».
En passant, pour amateurs du genre à partir de 10 ans, peu regardants de la bonne ortografe et fans d’un célèbre distributeur suédois de meubles à monter-comme-on-peut, je rappelle l’existence du pas sérieux Crazy Wordz. Contraint/te par des lettres imposées, chacun/une s’y appliquera à inventer des « mots » (?) évoquant le thème pioché. Explication dans une partie de cette linguistique structuraliste avec le Docteur Mops de TricTrac.

Enfin, « last beut not liste », dans Mission Pas Possible – alias Fuse – nous aurons 10 minutes pour épuiser une pile de cartes représentant autant de défis à vaincre. En se partageant les dés lancés au sortir du sac de pioche et en concertation avec les autres « démineurs », on devra trouver rapidement les combinaisons de dés demandées par les cartes que chacun/e est tenu•ue de « résoudre ». Éreintant. Surtout avec l’horripilante ambiance sonore téléchargeable en appli pour chronométrer l’angoissante – donc hilarante – mission. Un jeu au look malheureusement très moche et daté ; la boîte me fait penser à un revival du MasterMind, c’est dire ! Aussi moche qu’il est bon, ce jeu est une « bombe » ludique idéale pour réveiller – et en même temps achever – les invités en fin de réveillon.
Explication d’Un Monde de Jeux ici, un avis (né) là-bas, un ludochrono là et le dernier Jedi làben si, il faut aller TOUT voir !

Ne ratez pas l’ultime épisode de cette interminable et épuisante aventure ludorrhéique :
« Des jeux pour changer », parce que, nonobstant les quantités absurdes de soi-disant nouveautés arrivées cette année
(1400 au salon d’Essen en octobre 2018), des créateurs arrivent encore à nous surprendre
et rafraîchir l’offre submergeante par leurs idées sorties de sentiers bien trop battus.
Prochainement sur cette même chaîne.

« Hotte légère, cœur content » (dicton paternoëlien) – sélection (épisode 3)
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